Samedi 7 juin 2008
publié dans :
ballades
avec toute cette pression qui s'en va au loin, je me prends à penser à autre chose qu'à mon stage, mes visites, mon
boulot. Et je m'aventure à réfléchir à d'autres aspects de ma vie... je prends le risque de le faire.
avant toute autre chose, ma principale pensée, hier, aujourd'hui et demain, c'est le bien être de ma crapouille.... la seconde était jusqu'à aujourd'hui le boulot. Miss Emma est la première personne à qui je pense le matin en me réveillant, la seule capable de me réveiller en pleine nuit en soupirant juste un tout petit peu plus fort que d'habitude ( quand au reste du monde.... je n'ai même pas entendu la sonnerie de mon réveil hier matin...), et c'est à elle que je pense le soir, en fermant les yeux. C'est fou l'amour que l'on peut ressentir pour son enfant, ce lien fort qui nous lie à lui, et qui se renforce de jour en jour.
Beaucoup de couples semblent en difficulté en ce moment, et ça m'a amenée à prendre le temps de penser au père de la crapouille. Je me suis rendue compte que j'avais vraiment tourné la page. Je ne ressens plus rien pour lui. Je reste en contact pour la crapouille, mais si je ne l'appelle pas, il ne le fait pas. Il agit là bas de la même façon qu'ici et je dois avouer que ça m'a aidée à déculpabiliser. Je ne pouvais rien faire pour lui. Il est beaucoup trop égocentré. Je suis triste bien sur, parce qu'en d'autres circonstances, il aurait pu être quelqu'un de formidable. Il l'a été, pendant quelque temps, et c'est de cette personne là dont je veux me souvenir. C'est avec cet homme là que j'ai eu la crapouille. La maladie nous a séparés alors qu'une autre nous avait soudés. Je me sens beaucoup plus sereine, plus appaisée, plus heureuse depuis son départ. Je m'ouvre de nouveau, alors que les derniers mois où il était là, je me suis enfermée, envahie par la honte de ce que je devais subir et la peur de ce qui pourrait se passer. Aujourd'hui, je cours partout, je gère tant bien que mal, mais lorsque je rentre chez moi, je n'ai plus cette boule au ventre. je ne ressens pas de manque. Plus le temps passe, mieux je me sens dans ma peau, dans ma tête. Et la crapouille semble aussi avoir passé un cap. Elle est beaucoup plus calme, enjouée.
Du point de vue professionnel, j'ai retrouvé confiance en moi, alors que j'étais en miettes après l'inspection. C'est dur de se faire attaquer sur des aspects de sa personnalité, alors qu'on pense remonter la pente, Je prends plaisir à être en classe, et j'essaie de trouver des trucs sympas pour faire passer des notions plus ou moins difficiles à acquérir. J'aime mon boulot, mais j'essaie de ne pas trop en faire, de ne pas me laisser envahir ( c'est si facile!!) et de consacrer du temps à miss crapouille qui du coup va mieux.
Sinon, j'ai eu la visite hier d'A. Elle a 17 ans et a déjà tout vécu: l'abandon, les parents immatures et incompétents, les brutalités d"hommes qui détectent sa vulnérabilité et son besoin d'amour pour la battre, l'humilier, se servir d'elle. Je suis contente qu'elle ait frappé à ma porte alors qu'elle vivait encore avec un de mes voisins. Elle sait que ma porte lui sera toujours ouverte pour un café, un moment de répit, et une écoute. Hier, elle est venue, son nez cassé par un nouveau monstre. Maman était là pour garder la crapouille, comme je bossais le matin, et à nous deux, nous l'avons conseillée et orientée vers une association pour femmes battues. Elle doit y aller mardi et m'appeler par la suite.
Je ne comprends pas comment une mère peut avoir une telle mauvaise influence sur ses enfants. Sa mère est complètement immature et ne lui apporte que des problèmes. Elle a eu 6 enfants, tous placés, et la dernière fois, lorsqu'elle a perdu la garde de ses derniers, elle a voulu récupérer sa fille ainée, A. Du coup, la pauvre ado s'est retrouvée impliquée dans les galères de sa mère. Car cette femme n'a pas changé de fonctionnement pour autant: elle rencontre un homme, emménage chez lui, refuse toute contraception, tombe enceinte, et inévitablement finit seule avec son bébé. Et inévitablement, elle doit placer l'enfant, ou le laisse avec son père dès qu'elle rencontre un autre homme prêt à l'héberger.... Si encore elle rencontrait un homme qui tient la route, mais elle reproduit le même schéma, encore et encore: un homme violent, alcoolique ou drogué, qui n'a pas de travail, ou bosse en pointillés...
Je suis heureuse, quelque part, que A puisse voir qu'une femme n'a pas besoin d'un homme pour vivre, s'assumer, élever son enfant lorsqu'elle vient chez moi. Parce que pour A, et surtout pour sa mère, une femme n'existe que parce qu'elle est en couple, et peu importe si cet homme la bat, l'insulte, la méprise. Non! Une femme existe par elle-même. Si elle a la chance d'avoir un compagnon qui l'aime, aime ses enfants et la respecte, la soutient, tant mieux. Elle ne sait pas ce qu'est un couple, ce qu'est l'amour et le respect partagé entre deux êtres. Elle ne connait des hommes que leur aspect violent, brutal, verbalement, physiquement, sexuellement. J'espère qu'elle trouvera avec l'association une écoute et une aide, légale, psychologique, qui lui permettra de redémarrer dans la vie. Et un petit café à la maison quand elle en a besoin. J'aime à penser qu'elle a vu, de part mon histoire, que le cercle vicieux dans lequel elle a été élevée n'est pas une fatalité. J'ai brisé le cercle, j'ai pris mes responsabilités et ma vie en main. Lorsqu'elle vient me voir, elle constate que ça va bien, que je m'en sors, même avec un boulot très prenant et une petite fille. Et depuis quelques temps, elle voit qu'on va de mieux en mieux, Et si mon expérience peut servir à quelqu'un, je suis fière de ce que j'ai accompli.
Ma mère m'a dit que j'aurai du porter plainte après ce que m'a fait subir le père de la crapouille, même si l ne m'a jamais agressée physiquement. A l'époque, je savais très bien que si je le faisais, il serait à la rue et qu'il n'aurait pas tenu plus de quelques heures avant d'avoir de gros gros problèmes. Là au moins, il est pris en charge et a la possibilité de se reconstruire. A lui de saisir la main qui lui est tendue....Quant à nous, nous avançons sur notre chemin de vie.
avant toute autre chose, ma principale pensée, hier, aujourd'hui et demain, c'est le bien être de ma crapouille.... la seconde était jusqu'à aujourd'hui le boulot. Miss Emma est la première personne à qui je pense le matin en me réveillant, la seule capable de me réveiller en pleine nuit en soupirant juste un tout petit peu plus fort que d'habitude ( quand au reste du monde.... je n'ai même pas entendu la sonnerie de mon réveil hier matin...), et c'est à elle que je pense le soir, en fermant les yeux. C'est fou l'amour que l'on peut ressentir pour son enfant, ce lien fort qui nous lie à lui, et qui se renforce de jour en jour.
Beaucoup de couples semblent en difficulté en ce moment, et ça m'a amenée à prendre le temps de penser au père de la crapouille. Je me suis rendue compte que j'avais vraiment tourné la page. Je ne ressens plus rien pour lui. Je reste en contact pour la crapouille, mais si je ne l'appelle pas, il ne le fait pas. Il agit là bas de la même façon qu'ici et je dois avouer que ça m'a aidée à déculpabiliser. Je ne pouvais rien faire pour lui. Il est beaucoup trop égocentré. Je suis triste bien sur, parce qu'en d'autres circonstances, il aurait pu être quelqu'un de formidable. Il l'a été, pendant quelque temps, et c'est de cette personne là dont je veux me souvenir. C'est avec cet homme là que j'ai eu la crapouille. La maladie nous a séparés alors qu'une autre nous avait soudés. Je me sens beaucoup plus sereine, plus appaisée, plus heureuse depuis son départ. Je m'ouvre de nouveau, alors que les derniers mois où il était là, je me suis enfermée, envahie par la honte de ce que je devais subir et la peur de ce qui pourrait se passer. Aujourd'hui, je cours partout, je gère tant bien que mal, mais lorsque je rentre chez moi, je n'ai plus cette boule au ventre. je ne ressens pas de manque. Plus le temps passe, mieux je me sens dans ma peau, dans ma tête. Et la crapouille semble aussi avoir passé un cap. Elle est beaucoup plus calme, enjouée.
Du point de vue professionnel, j'ai retrouvé confiance en moi, alors que j'étais en miettes après l'inspection. C'est dur de se faire attaquer sur des aspects de sa personnalité, alors qu'on pense remonter la pente, Je prends plaisir à être en classe, et j'essaie de trouver des trucs sympas pour faire passer des notions plus ou moins difficiles à acquérir. J'aime mon boulot, mais j'essaie de ne pas trop en faire, de ne pas me laisser envahir ( c'est si facile!!) et de consacrer du temps à miss crapouille qui du coup va mieux.
Sinon, j'ai eu la visite hier d'A. Elle a 17 ans et a déjà tout vécu: l'abandon, les parents immatures et incompétents, les brutalités d"hommes qui détectent sa vulnérabilité et son besoin d'amour pour la battre, l'humilier, se servir d'elle. Je suis contente qu'elle ait frappé à ma porte alors qu'elle vivait encore avec un de mes voisins. Elle sait que ma porte lui sera toujours ouverte pour un café, un moment de répit, et une écoute. Hier, elle est venue, son nez cassé par un nouveau monstre. Maman était là pour garder la crapouille, comme je bossais le matin, et à nous deux, nous l'avons conseillée et orientée vers une association pour femmes battues. Elle doit y aller mardi et m'appeler par la suite.
Je ne comprends pas comment une mère peut avoir une telle mauvaise influence sur ses enfants. Sa mère est complètement immature et ne lui apporte que des problèmes. Elle a eu 6 enfants, tous placés, et la dernière fois, lorsqu'elle a perdu la garde de ses derniers, elle a voulu récupérer sa fille ainée, A. Du coup, la pauvre ado s'est retrouvée impliquée dans les galères de sa mère. Car cette femme n'a pas changé de fonctionnement pour autant: elle rencontre un homme, emménage chez lui, refuse toute contraception, tombe enceinte, et inévitablement finit seule avec son bébé. Et inévitablement, elle doit placer l'enfant, ou le laisse avec son père dès qu'elle rencontre un autre homme prêt à l'héberger.... Si encore elle rencontrait un homme qui tient la route, mais elle reproduit le même schéma, encore et encore: un homme violent, alcoolique ou drogué, qui n'a pas de travail, ou bosse en pointillés...
Je suis heureuse, quelque part, que A puisse voir qu'une femme n'a pas besoin d'un homme pour vivre, s'assumer, élever son enfant lorsqu'elle vient chez moi. Parce que pour A, et surtout pour sa mère, une femme n'existe que parce qu'elle est en couple, et peu importe si cet homme la bat, l'insulte, la méprise. Non! Une femme existe par elle-même. Si elle a la chance d'avoir un compagnon qui l'aime, aime ses enfants et la respecte, la soutient, tant mieux. Elle ne sait pas ce qu'est un couple, ce qu'est l'amour et le respect partagé entre deux êtres. Elle ne connait des hommes que leur aspect violent, brutal, verbalement, physiquement, sexuellement. J'espère qu'elle trouvera avec l'association une écoute et une aide, légale, psychologique, qui lui permettra de redémarrer dans la vie. Et un petit café à la maison quand elle en a besoin. J'aime à penser qu'elle a vu, de part mon histoire, que le cercle vicieux dans lequel elle a été élevée n'est pas une fatalité. J'ai brisé le cercle, j'ai pris mes responsabilités et ma vie en main. Lorsqu'elle vient me voir, elle constate que ça va bien, que je m'en sors, même avec un boulot très prenant et une petite fille. Et depuis quelques temps, elle voit qu'on va de mieux en mieux, Et si mon expérience peut servir à quelqu'un, je suis fière de ce que j'ai accompli.
Ma mère m'a dit que j'aurai du porter plainte après ce que m'a fait subir le père de la crapouille, même si l ne m'a jamais agressée physiquement. A l'époque, je savais très bien que si je le faisais, il serait à la rue et qu'il n'aurait pas tenu plus de quelques heures avant d'avoir de gros gros problèmes. Là au moins, il est pris en charge et a la possibilité de se reconstruire. A lui de saisir la main qui lui est tendue....Quant à nous, nous avançons sur notre chemin de vie.
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